Archives de catégorie : Droit international et Cinéma

cinémaDepuis quelques années, les études sur le droit au cinéma ou dans les séries télévisées se sont multipliées, principalement aux Etats-Unis, mais aussi en Europe. Le droit international, en revanche, ne semble pas avoir fait l’objet de nombreuses études ou projets de recherche. Il y a quelques années, le New York University a lancé un projet intitulé « International Law and Films » (http://www.iiljfilms.blogspot.be/ ), mais ce projet semble en veilleuse depuis 2008, et ne reprend par ailleurs pas d’extraits de films pour illustrer le propos. Le présent projet consiste en revanche en une présentation d’extraits de films, de séries télévisées ou d’autres expressions audiovisuelles, dans lesquels le droit international est impliqué.

Pour chaque extrait, on part d’une présentation par définition subjective, opérée par la personne qui a choisi de le poster sur le site. La méthodologie suivie est similaire à celle qui est reprise dans l’ouvrage Du droit international au cinéma (Paris, Pedone, 2015), lequel reprend les actes du colloque organisé par le Centre de droit international à l’occasion de son cinquantième anniversaire. Pour plus de confort, il est conseillé du lecteur d’imprimer le commentaire écrit et de le lire tout en consultant les extraits à partir de l’écran…

Toute personne intéressée peut envoyer une proposition de commentaire (qui doit faire entre 3 et 5 pages au maximum, images comprises) à Olivier Corten ( ocorten@ulb.ac.be ) et François Dubuisson ( frdubuis@ulb.ac.be ).

Au service de la France : l’espionnage par les nuls. Une analyse de Valère Ndior

Le contenu de cette note d’information est conforme à la circulaire ULB-50-BL et a fait l’objet d’une déclassification secret défense. Elle contient des informations relatives aux saisons 1 et 2 de la série « Au service de la France ». Sa lecture doit être suivie d’un pot.

Au service de la France est une série comique diffusée sur la chaîne franco-allemande Arte depuis 2015 et dérivée de la franchise OSS 117. Les deux premières saisons se déclinent chacune en douze épisodes d’une vingtaine de minutes décrivant les activités de renseignement et d’espionnage menées par la France, entre la fin des années 1950 et le début des années 1960.

Au risque de décevoir le lecteur, la série n’accorde, à première vue, aucune place au droit international, privilégiant un traitement hautement parodique de la conduite des opérations extérieures de la France (I) et de sa coopération avec d’autres agences nationales de renseignement (II). Toutefois, qu’on ne s’y trompe pas : le visionnage attentif d’Au service de la France suscite des réflexions stimulantes sur le rôle stratégique que souhaite assumer l’Etat français au sein d’une société internationale en voie de bipolarisation. Les agents du Renseignement font volontiers passer leurs intérêts et ceux de leur pays avant leurs obligations internationales (lorsqu’elles existent), au risque de porter atteinte aux droits et intérêts d’Etats tiers (III) ou de faire preuve d’ingérence dans leurs affaires intérieures (IV).

 Prenez votre faux passeport et suivez-nous dans une excursion vivifiante en territoire ami.

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American Sniper (Clint Eastwood, 2014): une apologie de la guerre en Irak ? Une analyse de Vaios Koutroulis

 

Réalisé en 2014 par Clint Eastwood, le film American Sniper relate la vie de Chris Kyle, considéré comme étant le tireur d’élite le plus meurtrier de l’armée des Etats-Unis (CNN, « Chris Kyle, America’s deadliest sniper, offered no regrets », 25 février 2015, disponible sur : https://edition.cnn.com/2013/02/03/us/texas-sniper-killed-kyle-profile/index.html). Si une grande partie du film est consacrée aux quatre déploiements de Chris Kyle en Irak et à ses exploits militaires, Clint Eastwood explore d’autres facettes de son personnage, comme sa vie avant l’armée, son enrôlement et son entrainement au sein des SEALs, sa vie familiale et les effets de ses expériences militaires sur celle-ci ainsi que, une fois retourné aux Etats-Unis, son engagement auprès des vétérans de guerre en difficulté qui a finalement mené à sa mort, puisque Chris Kyle a été tué par un ancien marine atteint de stress post-traumatique. Bénéficiant d’un très grand succès commercial, le film a aussi été salué par la critique pour ses vertus cinématographiques, décrochant plusieurs nominations aux Oscars 2015, parmi lesquelles une dans la catégorie du meilleur film et une autre dans celle du meilleur acteur pour Bradley Cooper.

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Okkupert (Erik Skjoldbjærg, 2015-) : la volonté de l’Etat existe-t-elle ? Une analyse d’Olivier Corten

Okkupert (Occupied, en anglais ou Envahis, dans la version française reprise au Canada) est une série norvégienne diffusée sur Netflix. Bénéficiant d’une production ambitieuse, elle a été acquise par des chaînes situées dans divers pays, dont l’Allemagne, le Royaume-Uni, ou encore la France (Arte). Occupied touche donc un public relativement large pour une série européenne. Or, le droit international y occupe une place substantielle, comme pouvait le laisser présager son titre, qui renvoie à une notion juridique bien connue, comme son scénario, très axé sur la géopolitique. Dans un avenir proche, Jesper Berg, écologiste convaincu, est nommé premier ministre du Royaume de Norvège. Une de ses premières mesures est de supprimer la production des énergies fossiles au profit d’énergies renouvelables. Cette décision heurte cependant de plein fouet les intérêts des Etats européens, traditionnellement approvisionnés en pétrole norvégien. Ceux-ci s’allient dès lors à la Russie pour amener Jesper Berg à modifier sa position, en le soumettant à une pression intense dont on découvrira les modalités plus bas. Comme on le constatera, ce dernier accepte finalement que des troupes russes pénètrent en territoire norvégien pour superviser le redémarrage de la production pétrolière. Les spectatrices et spectateurs en viennent alors à se demander s’il n’est pas question d’une véritable occupation de ce pays, d’autant que des ressortissants russes s’y installent, certains infiltrant plusieurs rouages de l’Etat. Continuer la lecture

Valse avec Bachir (Ari Folman, 2008) : mémoire, droit et responsabilité. Analyses de François Dubuisson et Ninon Grangé

Valse avec BachirEn juin 2016, a eu lieu une séance de ciné-club organisée par le Centre de droit international ainsi que par Sciences Po Paris, dans le cadre d’un cycle « guerre et cinéma ». Le concept consiste à prolonger la projection d’un film par des analyses croisées, se plaçant dans des perspectives différentes, juridiques, politologiques ou philosophiques. Le film Valse avec Bachir a fait l’objet d’analyses proposées par François Dubuisson (ULB) et Ninon Grangé (Paris 8), que vous retrouverez ci-dessous. Continuer la lecture

The Martian (Ridley Scott, 2015) : Can The Protagonist Be Qualified As A Space Pirate? – A review by Klaas Willaert

Afbeeldingsresultaat voor the martianThe Martian is a 2015 American science-fiction film directed by Ridley Scott, based on Andy Weir’s novel of the same name. Matt Damon stars as astronaut Mark Watney, who is mistakenly presumed dead and left behind on Mars. The film depicts his struggle to survive and the efforts of others to rescue him. While figuring out a solution, Mark Watney resides in a NASA-built ‘Hab’, where he uses his scientific and botanical expertise to make water and grow his own potatoes on Mars. Running low on food and left without any options after an accident in the Hab, Mark Watney eventually decides to undertake a desperate attempt to return to earth: he plans on driving a NASA rover to another part of Mars to take control of the Ares IV, a NASA lander that was sent to Mars in preparation for another mission. Continuer la lecture

The Dictator (Larry Charles, 2012). Que veut dire le mot « démocratie » ? – Une analyse de Nabil Hajjami

dictatorThe Dictator est une comédie réalisée par Larry Charles, sortie sur les écrans en 2012. Le film se veut ouvertement corrosif, burlesque – parfois même franchement graveleux – et satirique. Le ton est donné dès les premières secondes du film, lorsqu’on annonce au spectateur stupéfait que l’œuvre a été réalisée « In Loving Memory of Kim Jong-Il » avec, en gros plan, une image à la gloire du dictateur nord-coréen, disparu le 17 décembre 2011. Continuer la lecture

Ciné-club Guerre et Cinéma : « Battle for Haditah »

hadithaLe lundi 12 décembre à 18h aura lieu une nouvelle séance du ciné-club « Guerre et cinéma », organisé conjointement par le Centre de droit international de l’ULB et Sciences Po Paris et qui a lieu alternativement à Bruxelles et à Paris. L’objectif est de croiser les regards de juristes et de politologues sur certaines productions cinématographiques mettant en scène le rôle et les limites du droit en temps de conflit armé. Après Good Kill (Andrew Niccol, 2014), qui traitait de l’usage des drones, et Valse avec Bachir (Ari Folman, 2008), qui illustrait la guerre du Liban du point de vue israélien, le ciné-club enchaînera avec le film Battle for Haditah (Nick Broomfield, 2007), consacré à la guerre en Irak. Tourné de manière particulièrement réaliste – au point que certains le comparent à un documentaire – le film illustre les difficultés de respecter les règles du droit des conflits armés en cas d’occupation, spécialement le principe de distinction entre civils et combattants. Evitant le manichéisme et les simplifications, il adopte successivement les points de vue des différents protagonistes de la guerre : les soldats de l’armée des Etats-Unis constamment sur le qui-vive, d’anciens soldats bassistes reconvertis en résistants à l’occupation, les familles de civils qui tentent de survivre dans un milieu hostile.

Martyna Falkowska (Centre de droit international, ULB), Ninon Grangé (Sciences Po Paris) et Adrien Estève (Sciences Po Paris) nous exposeront brièvement leurs commentaires avant un débat. La séance se tiendra dans l’auditoire AW1.126 (bâtiment A). Elle débutera à 18h et durera 2h30 au maximum, visionnage du film compris. L’entrée est libre.