Inglorious Basterds (Quentin Tarantino, 2009) : De l’inapplicabilité du droit des conflits armés ratione cinemae – Une analyse de Michel Erpelding

ibMenée contre un régime radicalement opposé aux notions d’humanité et d’égalité souveraine des États, la Seconde Guerre mondiale incarne, dans l’imaginaire collectif européen, l’idée même d’une guerre juste, au point que même l’Allemagne considère aujourd’hui le 8 mai 1945 comme un « jour de libération », selon l’expression de l’ancien Président fédéral Richard von Weizsäcker, récemment disparu. Le concept de guerre juste est, on le sait, éminemment problématique : étroitement associé à l’idée de punition, il semble en profond décalage avec le droit de la guerre, dont les règles ont pour seul but de limiter les dégâts humains, matériels et environnementaux causés par les hostilités, indépendamment de la qualité morale des belligérants. Le récit uchronique livré par Quentin Tarantino dans son film Inglorious Basterds attaque cette problématique de front, à l’aide d’un grand couteau de chasse. Les juristes attachés au respect du jus in bello devraient-ils lui en tenir rigueur ? Continue reading

Civilization V : le droit international peut-il être ludique ? Une analyse de Nabil Hajjami

unnamedNée au début des années 1990, la franchise Civilization a connu un réel succès critique et commercial. Fin 2014, elle s’était vendue à plus de 22 millions d’exemplaires, touchant ainsi un public de plus en plus large. Le dernier opus en date, Civilization V : Brave New World, est commercialisé depuis 2013.

Le principe de Civilization n’est rien de moins que d’offrir au joueur une possibilité ludique de réécrire l’histoire de l’humanité. Le jeu débute ainsi en – 4000 av. J.C. et place le joueur à la tête d’une modeste tribu, choisie parmi un large panel de civilisations ayant marqué l’Histoire mondiale (de Rome à Babylone, en passant par le Songhaï, la Corée ou les Amérindiens). Le joueur est ensuite chargé, sur une période de plus de 6000 ans, de présider à la destinée de sa civilisation. Au cours de la partie – laquelle peut au demeurant s’avérer très longue – il lui appartiendra de déterminer, librement, les orientations scientifiques, religieuses, économiques, culturelles, militaires ou encore diplomatiques de sa civilisation. Continue reading

S.A.S. La résolution 687 : à la rencontre du droit international… Une analyse de Laurent Weyers

sas 687Ce 121ème numéro de la série SAS paraît, vu son titre, spécialement accrocheur. Il l’est à tout le moins pour celui qui, affectionnant tout autant le droit international que les romans d’espionnage, se plaît à examiner comment l’on présente le premier quand on écrit les seconds. L’intrigue se construit sans surprise dans le contexte qui suit l’adoption par le Conseil de sécurité, le 3 avril 1991, de la résolution 687. Quelques années ont passé, l’embargo fait durement souffrir l’Irak, et plus encore les hommes, femmes et enfants qui y vivent. Une lueur d’espoir perce toutefois quand Hussein Kemal, le gendre de Saddam Hussein, fuit l’Irak et se réfugie en Jordanie. Hussein Kemal, qui est en même temps le superviseur des programmes d’armement irakiens, semble en effet tout prêt à collaborer avec l’UNSCOM, la commission chargée en vertu de la résolution 687 de contrôler le démantèlement de l’arsenal irakien. Or, les secrets livrés, l’embargo ne se justifierait plus et il pourrait donc être levé. Seulement voilà, Chirstopher Angleton, le chef de la station de la CIA à Amman, n’y croit pas. Selon lui, la défection d’Hussein Kemal – et la découverte des documents relatifs aux armes secrètes irakiennes qui s’en est suivie – serait seulement une mise en scène. Voici comment il explique la situation au Prince Malko Linge, le célèbre héro de la série SAS, qui vient d’atterrir à Amman et ne connaît donc pas encore tous les contours de sa nouvelle mission. Continue reading

Clash à l’Institut de droit international : Washington Bullets et le principe de non-intervention – Une analyse d’Olivier corten

Macintosh HD:Users:olivier:Desktop:527.jpgThe Clash, formation britannique qui a sorti cinq albums devenus cultes entre 1977 et 1982, restera sans doute dans l’histoire de la musique pop comme un groupe révolutionnaire. Bien sûr, le qualificatif se justifie d’abord par le fait qu’on se situe en présence de l’un des groupes-phare (sans doute le plus connu après les Sex Pistols et, de l’autre côté de l’Atlantique, les Ramones) du mouvement punk, qui a bouleversé les codes musicaux entre 1976 et 1977. Sont ainsi dénoncés les groupes « dinosaures » alors en vogue (Genesis, Pink Floyd, Deep Purple, Yes, …), qui proposent une pop-rock techniquement élaborée, avec de longs morceaux rehaussés par d’impressionnantes vocalises et ponctués par d’interminables solos de guitare sur fond de nappes de synthétiseurs. A l’époque, l’establishment rock prétend confiner au raffinement du jazz voire de la musique classique, mais a sans doute perdu une grande partie de son énergie fondatrice. Continue reading

Droit international et cinéma devient… Culture-pop et droit international !

Macintosh HD:Users:lechef:Desktop:Capture d’écran 2015-02-04 à 16.54.44.pngAprès le cinéma, voici la musique, la littérature, la BD, les jeux et les beaux arts: lancement d’un nouveau projet « Pop Culture et droit international », présenté ci-dessous. Dès demain et pour toute la suite de la semaine, illustrations avec les Clash, SAS, ‘Civilizations’ et Inglorious Basterds! Continue reading

Parution du code de droit international pénal édité par Eric David et Anne Weyembergh

Code di pénalLe Centre de droit international a le plaisir de vous annoncer la parution du Code de droit international pénal édité par Eric David et Anne Weyembergh.

Matière en pleine expansion, le droit international pénal mérite un recueil qui se transporte aisément et où l’utilisateur (académiques, étudiants, praticiens) retrouve facilement les textes de la discipline adoptés dans le cadre des Nations Unies, du Conseil de l’Europe, ainsi que quelques instruments parmi les plus représentatifs de l’Union européenne et du Benelux dans le secteur pénal.

La première partie du Code couvre la coopération interétatique en matière policière et judiciaire : entraide judiciaire mineure, extradition, transfèrement des personnes condamnées, Interpol. La deuxième partie concerne les incriminations internationales, allant des crimes de droit international humanitaire au faux monnayage et à la cybercriminalité en passant par la traite des êtres humains ou le terrorisme. La troisième partie est consacrée aux juridictions pénales internationales : statuts des Tribunaux de Nuremberg et de Tokyo, TPIY, TPIR, Mécanisme résiduel, CPI, chambres extraordinaires pour le Cambodge, tribunaux spéciaux pour la Sierra Leone, le Liban, Chambres africaines extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises…(descriptif de l’éditeur)

Plus d’informations ici

Le Master spécialisé en droit international de l’ULB devient bilingue!

Le Centre de droit international a le plaisir de vous informer du nouveau programme du Master spécialisé en droit international de l’ULB ! En 2015, le Master deviendra entièrement bilingue et proposera de nouveaux cours tels que “Terrorisme et droit international”,  “Approches critiques des droits de l’homme et de la femme” et “Internet et droits de l’homme”. Suivez ce lien pour de plus amples informations.

The Centre de droit international is proud to announce the new program of its Advanced LL.M. in international law! In 2015, the LL.M will become bilingual and will include new courses such as ‘Terrorism and International Law’ , ‘Critical Approaches to Men’s and Women’s Rights’ and ‘Internet and Human rights’. Click here for more information.