Good Kill : drones, droit et politique, avec des analyses de Vaios Koutroulis, Amélie Férey et Christian De Cock

good-kill-poster1Le 4 mars dernier a eu lieu une séance de ciné-club organisée par le Centre de droit international ainsi que par Sciences Po Paris. L’idée était de croiser des analyses d’un juriste (Vaios Koutroulis, ULB), d’une politologue (Amélie Férey, Sciences Po Paris) et d’un militaire (Lieutenant Colonel De Cock). On les trouvera ci-dessous, ainsi qu’un bref compte-rendu du débat qui en a résulté. D’autres séances seront organisées ultérieurement sur le thème « guerre et cinéma ». Continue reading

Entre droit à l’autodétermination et simple autonomie : « Le Blues de la porte d’Orléans » (Renaud, 1975) – Une analyse de Vincent chapaux

Renaud a sorti la semaine dernière son premier album original depuis 10 ans. L’occasion de revenir sur les positions politiques du chanteur qui dit aujourd’hui avoir embrassé un membre des forces de l’ordre (« J’ai embrassé un flic », (Album sans titre), 2016) mais qui n’a pas toujours développé des rapports aussi amicaux ni avec la maréchaussée ni avec l’institution qu’elle représente : l’Etat. Continue reading

Zero Dark Thirty, International law and film -The torturer as feminist? A review by Gabrielle Simm

Jessica Chastain in “Zero Dark Thirty.” Credit Jonathan Olley/Columbia Pictures

Zero Dark Thirty (2012) is a Hollywood film that depicts the hunt for, and killing of, Osama bin Laden by US forces in Pakistan in 2011. (See the earlier blog by Pauline Blistène, ‘Torture et prisons secrètes: Zero Dark Thirty, I’insoutenable figuration du réel?) Central Intelligence Agency (CIA) analyst Maya, the film’s heroine, was key to finding bin Laden. Her gender has been important in how the film is interpreted as critics debate whether or not it qualifies as a feminist film. An assumption underlying much of the debate seems to be that men wage war but women are peaceful. The issue of torture is central to whether or not Zero Dark Thirty is interpreted as a feminist film, while international law is largely irrelevant. Continue reading

Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés (Arto Paasilinna) : les droits de l’homme, une farce? , par Olivier Corten*

Macintosh HD:Users:olivier:Desktop:91GAsf1e0-L.jpgNé en 1942 dans un camion alors que sa famille fuyait les forces soviétiques alors en campagne dans son pays, Arto Paasilinna est un écrivain finlandais renommé, auteur de plusieurs de dizaines de romans dans lesquels il développe un humour fortement teinté d’absurde qui n’est, par moments, pas sans rappeler celui du romancier britannique Tom Sharpe. La réflexion à la fois désabusée et ironique sur le droit traverse plusieurs de ses œuvres, comme Prisonniers du paradis (1974), La Douce empoisonneuse (1988) ou encore Le Potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison (1998). Continue reading

Lundi 21 mars – “Les juges belges face aux actes adoptés par les États étrangers et les organisations internationales: quel contrôle au regard du droit international?”

ub3Les juges belges ne peuvent en principe accueillir d’actions judiciaires contre des États étrangers ou des organisations internationales pour les violations du droit international que leurs autorités auraient pu commettre dans l’exercice de leurs fonctions publiques en raison de l’immunité qui leur est généralement reconnue.

Cela signifie-t-il pour autant que les juges n’exercent aucune forme de contrôle à l’égard de l’appareil étatique étranger ou du fonctionnement des organisations supranationales au regard du droit des gens?

L’objectif de cette conférence consiste à répondre à cette question en déterminant la mesure dans laquelle les juges belges peuvent ou doivent vérifier la conformité au droit international d’actes publics étrangers ou de décisions adoptées par des organisations supranationales avant d’en tenir compte ou d’en faire application dans les affaires dont ils sont saisis.

Plus de détails ici

Torture et prisons secrètes : Zero Dark Thirty, l’insoutenable figuration du réel ? – Une analyse de Pauline Blistène

20365978Le 2 mai 2011, le monde apprend stupéfait la mort d’Oussama Ben Laden éliminé lors d’une opération ultra secrète des forces spéciales américaines, les célèbres Navy Seals, dans la ville d’Abbottābād au nord-est du Pakistan. Plus symbolique que stratégique, sa mort met fin à une décennie de recherche pour localiser l’homme derrière les attaques du 11 septembre 2001.

Un an et demi plus tard, le public découvre dans les salles obscures les « dessous » de cette chasse à l’homme dans un film au titre évocateur : Zero Dark Thirty, pour minuit et demi en jargon militaire, l’heure de lancement de l’opération des forces spéciales. Réalisé par Kathryn Bigelow et écrit par Mark Boal, le film retrace les dix années d’opérations clandestines et de guerre secrète menée par la CIA pour retrouver Oussama Ben Laden en se concentrant sur un personnage clé : Maya, sorte de moine-combattant qui, contre sa hiérarchie, ne renonce jamais à retrouver la trace de l’homme responsable des attaques de 2001. Outre l’avertissement dès la première image précisant que le film est « basé sur des informations de première main concernant des événements réels », la réalisatrice fait usage de procédés formels divers (archives sonores et visuelles) qui visent à renforcer l’apparente authenticité du film, comme un rappel récurrent dans la fiction, de la guerre à la Terreur (War on Terror) « réelle ». Continue reading