- Une note d'actualité d'Olivier Corten -
Dans sa résolution 2817 (2026) adoptée le 11 mars, le Conseil de sécurité condamne fermement les attaques menées par l’Iran contre le Bahreïn, le Koweït, Oman, Qatar, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Jordanie, en reconnaissant à ces derniers un droit de légitime défense conformément à l’article 51 de la Charte. Rien n’est, en revanche, mentionné au sujet de l’attaque militaire massive lancée contre l’Iran par les États-Unis et Israël le 28 février, attaque à laquelle ce pays a prétendu riposter en étendant le conflit dans toute la région. Cette résolution a été votée par 13 voix contre et deux abstentions (la Chine et la Russie) et, au-delà du Conseil de sécurité, a été appuyée par quelque 140 États. Un projet de résolution présenté par la Russie, qui visait plus généralement à appeler à l’arrêt des hostilités, y compris contre l’Iran (sans, pour autant, désigner explicitement les États-Unis et Israël) n’a pu être adopté, ne recueillant que quatre voix pour, avec deux contre et neuf abstentions.
Quels sont les enseignements que l’on peut déduire de ces prises de position sur l’interprétation de la légitime défense au sens de la Charte des Nations Unies ? A-t-on assisté ici à une consécration implicite de cet argument tel qu’il a été invoqué par les États-Unis et Israël, lesquels avaient dénoncé une menace (imminente) déduite principalement du programme nucléaire iranien ? Et le droit à la légitime défense de l’Iran a-t-il, parallèlement, été mis en cause ?

















