Archives de catégorie : « Culture-pop » et droit international

Sont présentées ci-dessous les analyses du projet « Culture-pop » et droit international classées par ordre inversé de parution sur le site du centre.

The Martian (Ridley Scott, 2015) : Can The Protagonist Be Qualified As A Space Pirate? – A review by Klaas Willaert

Afbeeldingsresultaat voor the martianThe Martian is a 2015 American science-fiction film directed by Ridley Scott, based on Andy Weir’s novel of the same name. Matt Damon stars as astronaut Mark Watney, who is mistakenly presumed dead and left behind on Mars. The film depicts his struggle to survive and the efforts of others to rescue him. While figuring out a solution, Mark Watney resides in a NASA-built ‘Hab’, where he uses his scientific and botanical expertise to make water and grow his own potatoes on Mars. Running low on food and left without any options after an accident in the Hab, Mark Watney eventually decides to undertake a desperate attempt to return to earth: he plans on driving a NASA rover to another part of Mars to take control of the Ares IV, a NASA lander that was sent to Mars in preparation for another mission. Continuer la lecture

Kill for peace ! (The Fugs, 1966) : la guerre, c’est la paix ? — Une analyse d’Olivier Corten

J’ai assisté il y a peu à une curieuse conversation, lors d’un très sérieux séminaire consacré à la légitime défense contre les groupes non-étatiques. Une professeure insistait sur la nécessité d’interpréter strictement les exceptions à l’interdiction du recours à la force, règle impérative du droit international basée sur son objectif ultime, le maintien de la paix. Argument classique s’il en est, fondé notamment sur les premiers mots du préambule de la Charte des Nations Unies (« nous, peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances ») et sur l’histoire de son élaboration. Un autre participant au séminaire a pris alors la parole en retournant la perspective : parfois, pour mieux préserver la paix, il faut faire la guerre ! Il n’y a donc aucune raison de privilégier une interprétation restrictive des exceptions à l’interdiction du recours à la force, le respect de la règle pouvant paradoxalement impliquer son apparente violation. Continuer la lecture

The Dictator (Larry Charles, 2012). Que veut dire le mot « démocratie » ? – Une analyse de Nabil Hajjami

dictatorThe Dictator est une comédie réalisée par Larry Charles, sortie sur les écrans en 2012. Le film se veut ouvertement corrosif, burlesque – parfois même franchement graveleux – et satirique. Le ton est donné dès les premières secondes du film, lorsqu’on annonce au spectateur stupéfait que l’œuvre a été réalisée « In Loving Memory of Kim Jong-Il » avec, en gros plan, une image à la gloire du dictateur nord-coréen, disparu le 17 décembre 2011. Continuer la lecture

Ciné-club Guerre et Cinéma : « Battle for Haditah »

hadithaLe lundi 12 décembre à 18h aura lieu une nouvelle séance du ciné-club « Guerre et cinéma », organisé conjointement par le Centre de droit international de l’ULB et Sciences Po Paris et qui a lieu alternativement à Bruxelles et à Paris. L’objectif est de croiser les regards de juristes et de politologues sur certaines productions cinématographiques mettant en scène le rôle et les limites du droit en temps de conflit armé. Après Good Kill (Andrew Niccol, 2014), qui traitait de l’usage des drones, et Valse avec Bachir (Ari Folman, 2008), qui illustrait la guerre du Liban du point de vue israélien, le ciné-club enchaînera avec le film Battle for Haditah (Nick Broomfield, 2007), consacré à la guerre en Irak. Tourné de manière particulièrement réaliste – au point que certains le comparent à un documentaire – le film illustre les difficultés de respecter les règles du droit des conflits armés en cas d’occupation, spécialement le principe de distinction entre civils et combattants. Evitant le manichéisme et les simplifications, il adopte successivement les points de vue des différents protagonistes de la guerre : les soldats de l’armée des Etats-Unis constamment sur le qui-vive, d’anciens soldats bassistes reconvertis en résistants à l’occupation, les familles de civils qui tentent de survivre dans un milieu hostile.

Martyna Falkowska (Centre de droit international, ULB), Ninon Grangé (Sciences Po Paris) et Adrien Estève (Sciences Po Paris) nous exposeront brièvement leurs commentaires avant un débat. La séance se tiendra dans l’auditoire AW1.126 (bâtiment A). Elle débutera à 18h et durera 2h30 au maximum, visionnage du film compris. L’entrée est libre.

Gun Factory (Point Zero/Jean-Michel d’Hoop, 2016) : le commerce des armes, quelle place pour le droit ? — Une analyse d’Olivier Corten

Macintosh HD:Users:olivier:Desktop:gunfactory.jpgChaque minute, une arme tue ; 800 millions d’armes en circulation dans le monde ; 1.566.845.000.000 € (1 billiard, 566 milliards, 845 millions €) de dépenses militaires mondiales en 2015 ; 286.602.000.000 (286 milliards, 602 millions €) de dépenses militaires pour l’Europe ; 15.340.000.000 € (15 milliards, 340 millions €) d’exportation d’armes en 2014 pour l’Europe (Russie, Turquie comprises), soit 54,2% du montant total des exportations mondiales ; 28.308.000.000 (28 milliards, 308 millions €) d’importations d’armes en 2014 dans le monde ; 80% des armes proviennent des 5 membres permanents du Conseil de sécurité, plus l’Allemagne ; la France occupe la première place d’exportateur européen d’armements, avec un montant total de licences d’exportation octroyées en 2014 s’élevant à 73.297.261.874 € ; la Belgique occupe la deuxième place avec 4.512.864.349 € ; 32,1% du montant total des licences d’exportation octroyées par les pays membres de l’Union européenne concerne des armes vendues au Moyen Orient, … Continuer la lecture

Unthinkable (2010) : A critique of the “more torture” approach to the war on terror – A review by Mario Casonato

unthinkableFor the last 15 years, ever since the watershed events of 9/11, terrorism has become a central topic in the discussion surrounding security. The Bush administration’s decision to wage “war on terror” has spurred much debate about the sort of practices employed to counter this phenomenon. The consequences of the “war on terror” are visible in the attempts to reshape the international legal framework, however they equally weigh into the ethical, political and social domains, making terrorism an all-encompassing issue in the contemporary political landscape.

This crucial debate of our epoch had an obvious fallout on popular culture, especially TV shows, videogames and cinema. A theme that has become predominant in the cultural appreciation of the terrorism issue is the retrieval of information through the so called “enhanced interrogation”, or in a less nuanced way: torture.

Torture is a theme that appeared in many mainstream products since 2001 and it has hardly been approached in a critical manner. However, some rare products seek to problematize the idea of its effectiveness and go as far as suggesting ethical puzzles on how such a method is deployed in the fight against terrorism. One of these products is the 2011 movie “Unthinkable” never released in the theaters. Continuer la lecture

« De facto » de Thomas Van Den Driessche et « Black garden » d’Alvaro Deprit : Les républiques auto-proclamées non reconnues, saisies par la photographie comme par le droit ? – Une analyse d’Anne Lagerwall

Deux tanks, deux républiques dont l’indépendance a été proclamée suite à l’éclatement de l’U.R.S.S. sans jamais avoir été reconnue par les autres Etats. Deux photographes qui ont eu envie de rendre compte d’une réalité qui ne jouit « d’aucune reconnaissance internationale », pour reprendre les termes de la présentation du travail de Thomas Van Den Driessche à propos de la Transnistrie (http://www.thestoryinstitute.com/de-facto/, notre traduction) ou qui « n’apparaît pas sur les cartes », pour reprendre les termes de la présentation du travail d’Alvaro Deprit à propos du Haut-Karabakh (http://www.alvarodeprit.com/unnamed-3, notre traduction). Leur intérêt pour des situations qui existent effectivement à défaut d’exister formellement renvoie à celui des internationalistes se consacrant à l’étude de ces lieux de tension où viennent s’entrechoquer des considérations de légalité et d’effectivité. Les photographes et les juristes ne sont certes pas mus par les mêmes préoccupations. Leurs questionnements présentent toutefois ceci de commun qu’il s’agit, pour les uns et pour les autres, d’interroger la réalité et le fonctionnement d’un Etat qui n’existe qu’à ses propres yeux. C’est à partir de cette interrogation partagée qu’il semble possible de rapporter la manière dont ces photographies appréhendent la Transnistrie et le Haut-Karabakh à la façon dont le droit international les aborde. On verra que si l’illicéité de l’instauration et du maintien de ces républiques n’y est pas évoquée (I), les photographies alimentent un débat de nature juridique au sujet de ces entités créées illégalement en les mettant en scène comme une réalité lumineuse qui s’impose dorénavant, pour ce qui est de la Transnistrie, ou comme une réalité sombre qui semble encore instable mais dont on espère qu’elle se normalise dans l’intérêt de ses habitants, pour ce qui est du Haut-Karabakh (II). Continuer la lecture