Archives de catégorie : Le droit international par la bande (dessinée)

word-imageLa bande dessinée se situe au carrefour de plusieurs moyens d’expression artistique : l’art graphique, l’art cinématographique et la littérature. Parce qu’elle est tout à la fois dessin, cinéma et écriture, la bande dessinée est un terrain privilégié pour explorer les présentations et les représentations du droit international dans la culture populaire. Qu’est-ce que les bandes dessinées font voir du droit international d’hier et d’aujourd’hui ? Dans quelle mesure les bandes dessinées nous aident-elles à comprendre le droit international –son histoire, son rôle, ses projets, ses zones d’ombre, etc. ?

Pour chaque commentaire, il est indiqué d’accompagner son texte d’une (ou plusieurs) cases de la bande dessinée choisie.

Toute personne intéressée peut envoyer une proposition de commentaire (qui doit faire 3 pages au maximum) ainsi que les cases retenues à Anne-Charlotte Martineau ( anne-charlotte.martineau@mpi.lu ).

Joe Sacco, Gaza 1956, en marge de l’histoire (Futuropolis, 2010, 424 pages) Une analyse d’Anne-Charlotte Martineau

http://www.actuabd.com/IMG/breveon4946.jpg?1328256707

Joe Sacco est mondialement connu pour son talent, son engagement et son genre graphique, à la croisée du journalisme, du documentaire et de la bande dessinée. Sous la forme de « BD reportage », il raconte l’histoire des peuples et s’engage sans complaisance auprès des victimes de guerre et de violence : de la Bosnie à Gaza, en passant par l’Inde et Malte, il construit depuis plus de vingt ans une œuvre puissante, originale et profondément humaniste. Son album Gaza 1956, publié en 2009 aux États-Unis et traduit dans plusieurs langues, s’inscrit dans cette veine : en resituant à la fois l’expérience concrète des palestiniens –celle d’un continuum entre hier et aujourd’hui– et l’expérience vécue par le reporter/dessinateur lorsqu’il mène son enquête sur le terrain, Gaza 1956 offre au lecteur « un autre regard »[1] sur le conflit israélo-palestinien. Récompensé par de nombreux prix[2], cet album explore la relation entre le passé et le présent, la mémoire et l’expérience, d’une manière à la fois extrêmement sensible et rigoureuse. Continuer la lecture

“Atar Gull” ou le destin d’un esclave modèle (Nury et Brüno, éditions Dargaud, 2012) – Une analyse de Anne-Charlotte Martineau

http://static.skynetblogs.be/media/149064/4103733038.JPG

Dans cette BD, dont le scénario captivant est une adaptation du roman éponyme d’Eugène Sue paru en 1831, on suit l’histoire d’un jeune Africain à la stature imposante, Atar Gull. Celui-ci est capturé, vendu puis déporté dans une plantation de cannes à sucre de la Jamaïque dans les années 1830. Fils du roi de la tribu des Petits Namaquas, Atar Gull est réduit à la condition d’esclave et sombre dans une folie meurtrière. En effet, tout en affectant le plus profond dévouement à l’égard de Tom Will, le colon auquel il a été vendu, Atar Gull poursuit une vengeance secrète. C’est que Tom Will a fait pendre le père d’Atar Gull sous une imputation mensongère, tout simplement parce que le vieil homme, déporté comme son fils, lui coûtait plus qu’il ne lui rapportait. La vengeance d’Atar Gull sera féroce et implacable. Continuer la lecture