Archives de l’auteur : Centre de Droit International

The Constant Gardener (Fernando Meireilles, 2005) – L’internationaliste : colombe, faucon ou … labrador ? Une analyse d’Agatha Verdebout

word-imageEn 2005, j’avais 17 ans et comme tout adolescente terminant ses études secondaires me revenait la lourde tâche de choisir « ma voie ». Cela faisait déjà un certain temps que le droit international trottait dans un coin de mon esprit et, avec la naïveté qui peut nous caractériser à cet âge, l’adaptation à l’écran de ce best-seller de John le Carré a probablement fait partie des nombreux éléments qui m’ont confortée dans mon idée. En revoyant ce film, près de dix ans plus tard, je pense mieux comprendre pourquoi : au fond, je n’ai fait que suivre le cheminement intellectuel que l’auteur (et le réalisateur) voulait que je suive.

The Constant Gardener nous raconte l’histoire de Justin Quayle, un diplomate britannique sans histoire issu d’une famille de diplomates britanniques sans histoires, en poste à Nairobi, Kenya. Sa femme, Tessa, juriste et activiste des droits humains qui menait une enquête sur les pratiques douteuses de certaines firmes pharmaceutiques, est retrouvée sauvagement assassinée sur les bords du lac Turkana, au nord du pays. Secoué par cette mort tragique ainsi que par les circonstances troublantes et les rumeurs d’adultère qui l’entoure, Justin décide de remonter le fil des événements; un parcours qui l’amènera à redécouvrir Tessa mais aussi à sortir de sa zone de confort. Car, foncièrement, ce thriller est le récit d’une émancipation où, pour reprendre l’allégorie de John le Carré, le héros sort de l’environnement claustral du jardin et ouvre les yeux, et surtout décide de prendre contrôle de son destin, dans la jungle qui entoure l’éden qu’il s’était créé.

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Midi du centre de Damien Scalia le vendredi 6 février

Damien-Scalia-fullLe centre de droit international a le plaisir de vous annoncer que le prochain midi du centre aura lieu le 6 février prochain. Il sera animé par Damien Scalia, chercheur au SNF (Suisse) et au CRID&P à l’Université Catholique de Louvain. Il aura pour thème « Le regard de l’ « autre » sur le droit international pénal. A la rencontre des accusés ». (S’inscrire)

Pour rappel les midis du Centre de droit international se déroulent de 12h15 à 14h, à la salle de réunion du Centre de droit international (Bâtiment H, 5ème étage, local H5.159). Des rafraîchissements sont offerts sous réserve d’inscription avant 15h00 le jour ouvrable précédant l’événement. En cas d’inscription, nous vous remercions de venir effectivement à la séance ou, en cas d’empêchement impromptu, de nous prévenir aussitôt que possible. Toute personne désirant un sandwich enverra parallèlement un courriel à cdi@ulb.ac.be et pourra, sous cette seule condition, en bénéficier.

Le Jour où la terre s’arrêta (Robert Wise, 1951) : la souveraineté est-elle un concept intergalactique ? Une analyse de Barbara Delcourt

Ce film, devenu l’un des opus fondateurs de la science-fiction et qui a fait l’objet d’un remake sans grand intérêt sorti en 2008, porte bien la marque de son temps.  Il est en effet le produit des angoisses bien réelles liées à la course aux armements et, en particulier, au développement des armes atomiques par les deux superpuissances de l’époque. C’est d’ailleurs en raison de la course aux armements que des extra-terrestres vont débarquer à Washington. Leur porte-parole, nommé Klaatu, prendra l’apparence et l’identité (« M. Carpenter ») d’un être humain pour délivrer un message dépourvu de toute ambiguïté :

Jourterreim1l’usage de l’atome à des fins non pacifiques est lourd de menaces pour la survie de toute espèce dans la galaxie, et ne pourra dès lors être toléré, et ce alors même qu’un usage scientifique est au contraire valorisé puisqu’il a permis aux émissaires de ce message radical de couvrir des millions de kilomètres. C’est donc une question de sécurité collective au sens le plus large qui soit, puisqu’elle ne concerne pas uniquement les êtres vivant sur la planète terre.  Ainsi, et dans la mesure où toute décision néfaste prise par les Terriens peut avoir des conséquences fatales pour l’ensemble du système intergalactique, ces derniers ne peuvent simplement ignorer la mise en garde qui leur est faite. Continuer la lecture

Table-ronde à l’Université de Reading sur le prochain article de Agatha Verdebout: podcast disponible

Agatha 2« La guerre n’a été mise hors-la-loi qu’avec l’adoption du Pacte Briand Kellogg. Auparavant, le recours à la force relevait de la compétence souveraine de chaque Etat ».

Voilà le type d’affirmation que l’on peut retrouver dans nombre de publications contemporaines lorsqu’est évoquée l’histoire de l’interdiction du recours à la force. Dans sa thèse de doctorat intitulée L’indifférence comme ‘culture pop’. Une déconstruction du discours traditionnel sur le recours à la force au XIXème siècle, Agatha Verdebout met en cause ce récit aujourd’hui dominant, notamment par une étude de la pratique et de la doctrine de l’époque. Elle explique aussi la survenance de cette thèse de l’indifférence (la guerre n’étant supposément pas régie par le droit) comme un élément caractéristique du discours juridique de l’après première guerre mondiale, tendant à présenter le droit international comme entrant dans une phase de progrès, dans une perspective à la fois idéaliste et évolutionniste.

Une étude, intitulée « The Contemporary discourse on the Use of Force in the Nineteenth Century. A Diachronic and Critical Analysis », permet de connaître l’état actuel de sa réflexion. Elle paraîtra dans les jours qui viennent comme leading article du deuxième numéro du Journal on the Use of Force and International Law. C’est dans ce cadre que s’est tenue le 10 décembre dernier, à l’Université de Reading et sous la présidence du professeur James A. Green, une table ronde ayant pour objet de discuter la portée profondément novatrice de la position de Agatha Verdebout. L’intégralité des débats est disponible sur le podcast mis en ligne par l’Université de Reading : http://www.reading.ac.uk/GlobalLaw/GLAR-podcast.aspx.

Midi du centre d’Eric David ce mercredi 17 décembre

David 2Le prochain midi du Centre aura lieu le mercredi 17 décembre, exceptionnellement à partir de 12h45. Il sera animé par Eric David, avec pour thème: « Les travaux de la Conférence de Londres (1945) sur l’adoption du Statut du Tribunal de Nuremberg : une lecture parfois surprenante. » (S’inscrire)

Pour rappel les midis du Centre de droit international se déroulent à la salle de réunion du Centre de droit international (Bâtiment H, 5ème étage, local H5.159). Des rafraîchissements sont offerts sous réserve d’inscription avant 15h00 le jour ouvrable précédant l’événement. En cas d’inscription, nous vous remercions de venir effectivement à la séance ou, en cas d’empêchement impromptu, de nous prévenir aussitôt que possible. Toute personne désirant un sandwich enverra parallèlement un courriel à cdi@ulb.ac.be et pourra, sous cette seule condition, en bénéficier.

Le prix Edouard Bonnefous est décerné au Concours Rousseau et au Réseau francophone de droit international!

BonnefousLe Comité de la Fondation Edouard Bonnefous a décerné le Prix Edouard Bonnefous de droit au Concours Rousseau de procès simulé en droit international et au Réseau francophone de droit international (RFDI) institué en 2003 pour encadrer juridiquement le Concours. Ce prix a été octroyé sur proposition de la section « Législation, Droit public et Jurisprudence » de l’Académie française des sciences morales et politiques. Il a été remis solennellement, à Paris, sous la Coupole de l’Institut de France, 17 novembre 2014.

Dans son discours d’ouverture, l’ancien président de la CIJ, M. Gilbert GUILLAUME, a expliqué la motivation de cette distinction. Des discours de remerciements ont été prononcés par le fondateur du Concours, le Professeur Daniel TURP de l’Université de Montréal (UdM), et par le Professeur Eric DAVID de l’Université libre de Bruxelles (ULB) qui a soutenu le Concours depuis sa création.

Pour rappel, le Président actuel du Concours Rousseau est le Professeur François Dubuisson (ULB). De nombreux « militants » et partisans de l’épreuve étaient présents à la cérémonie, notamment, le fils de Charles ROUSSEAU, M. François ROUSSEAU, l’organisateur de la manifestation, le Professeur Franck LATTY (Université de Paris-XIII) et le Professeur Daniel DORMOY (Paris-Sud), créateur du RFDI.

L’honneur de cette récompense rejaillit sur les facultés de droit des universités de Montréal, de Bruxelles et de Paris-XI qui se sont toujours activement mobilisées pour l’organisation de cette épreuve.

Discours et photos de la cérémonie sur http://www.rfdi.net/rousseau-prixbonnefous.html !

South Park et la liberté d’expression: l’individu face au monde ? Une analyse d’Alexandra Hofer

South parkSouth Park est le nom d’une prairie située dans les montagnes rocheuses, dans le Colorado. Sa plus grande ville, Fairplay, a une population de 610 habitants. Rien de très excitant vu de l’extérieur. Sauf que South Park n’est pas qu’une prairie, South Park est également une comédie satirique créée par Matt Stone et Trey Parker. Cette série met en scène quatre garçons de 8 ans, Cartman, Kyle, Stan et Kenny (de gauche à droite dans l’image ci-contre), et raconte leurs aventures dans la ville de South Park. Si les épisodes ont connu un énorme succès, c’est non seulement grâce à l’humour noir de la série, mais également pour sa capacité à représenter des sujets d’actualité de façon, disons, … corrosive : « In the process of unapologetically ridiculing individuals and groups, the series pushes viewers to confront broader issues such as racism, war, mob mentality, consumerism, and religious fanaticism » (Peabody Award, 2005). Âmes rétives aux critiques s’abstenir.

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The EU-US approaches to counter-terrorism: retrouvez le podcast!

Counter terrorismLe 14 octobre dernier a eu lieu une conférence co-organisée par l’IEE, le REPI et le Centre de droit international. John Bellinger, ancien conseiller juridique du président George W. Bush, y a exposé ses vues, avant que Christiane Höhn précise celle de l’UE. Pierre Klein a quant a lui fermement critiqué la position du premier, dans une intervention particulièrement argumentée et remarquée, comme en témoigne le vif débat qui s’en est suivi. Vous trouverez ci-dessous l’intégralité de la conférence. L’intervention de Pierre Klein commence après 1h08.

Parution du dernier numéro de la Revue belge de droit international (2013-2)

RBDI bandeauParution du dernier numéro de la Revue belge de droit international (2013-2), avec un dossier spécial sur « The international rule of law: European and Asian perspectives » et un autre sur  » Les obligations internationales de l’Union européenne et de ses États membres concernant les relations économiques avec les colonies israéliennes ».

Plus d’informations sur le site de la revue.


The latest issue of the Belgian Review of International Law (2013-2) is now available. This issue contains two special dossiers, « The international rule of law: European and Asian perspectives », and another  » Les obligations internationales de l’Union européenne et de ses États membres concernant les relations économiques avec les colonies israéliennes » (with an abstract in English).

The table of contents is available on the website of the Review.

L’Amérique bipolaire – Homeland, saisons 1, 2 et 3 (2011-2013) : une analyse d’Immi Tallgren et Antoine Buchet

homelandÀ l’instar de la série israélienne Hatufim, dont elle est la transposition hollywoodienne, Homeland met en scène le retour au pays d’un soldat après de longues années passées entre les mains d’un groupe terroriste islamiste. À l’interminable guerre du Liban, qui servait de toile de fond à la fiction israélienne, s’est substituée la seconde intervention des forces américaines en Irak. En mai 2003, deux tireurs d’élite de l’armée américaine sont faits prisonniers par des troupes irakiennes, qui ont tôt fait de s’en débarrasser au profit d’un groupe satellite de la planète Al-Qaïda. Tous deux sont séquestrés et torturés par des hommes au service d’Abu Nazir, l’un des innombrables “ennemis publics n°1” que comptent les États-Unis dans la région. L’un de deux soldats, Tom Walker, est donné pour mort après avoir subi un traitement trop brutal. L’autre, le sergent Nicholas Brody, demeure entre les mains de ses geôliers pendant huit longues années.

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