Archives de catégorie : Le droit international (n’) est-il (que) littérature ?

sas 687Il y a un peu plus d’un siècle paraissait un article de Eugène Audinet, intitulé « Les traces du droit international dans l’Iliade et dans l’Odyssée » (R. G. D. I. P., 1914, pp. 29-63). Depuis, et en dépit du développement d’un courant Law and Literature (« Droit et littérature ») depuis les années 1970, on ne relève que très peu de réflexions sur les relations entre le droit international et les fictions littéraires. La présente rubrique a pour vocation à combler cette lacune, en proposant de brefs commentaires d’œuvres qui sont généralement diffusées auprès d’un large public. Dans bon nombre de cas, ces œuvres véhiculent certaines représentations particulières du droit international qui, comme pour le cinéma ou d’autres médias, sont loin d’être neutres sur un plan idéologique.

Pour chaque commentaire, une présentation générale de l’œuvre et de la place que le droit international y occupe est associée avec des citations extraites de l’ouvrage.

Toute personne intéressée peut envoyer une proposition de commentaire (qui doit faire entre 3 et 5 pages au maximum, citations comprises) à Olivier Corten ( ocorten@ulb.ac.be ).

S.A.S. La résolution 687 : à la rencontre du droit international… Une analyse de Laurent Weyers

sas 687Ce 121ème numéro de la série SAS paraît, vu son titre, spécialement accrocheur. Il l’est à tout le moins pour celui qui, affectionnant tout autant le droit international que les romans d’espionnage, se plaît à examiner comment l’on présente le premier quand on écrit les seconds. L’intrigue se construit sans surprise dans le contexte qui suit l’adoption par le Conseil de sécurité, le 3 avril 1991, de la résolution 687. Quelques années ont passé, l’embargo fait durement souffrir l’Irak, et plus encore les hommes, femmes et enfants qui y vivent. Une lueur d’espoir perce toutefois quand Hussein Kemal, le gendre de Saddam Hussein, fuit l’Irak et se réfugie en Jordanie. Hussein Kemal, qui est en même temps le superviseur des programmes d’armement irakiens, semble en effet tout prêt à collaborer avec l’UNSCOM, la commission chargée en vertu de la résolution 687 de contrôler le démantèlement de l’arsenal irakien. Or, les secrets livrés, l’embargo ne se justifierait plus et il pourrait donc être levé. Seulement voilà, Chirstopher Angleton, le chef de la station de la CIA à Amman, n’y croit pas. Selon lui, la défection d’Hussein Kemal – et la découverte des documents relatifs aux armes secrètes irakiennes qui s’en est suivie – serait seulement une mise en scène. Voici comment il explique la situation au Prince Malko Linge, le célèbre héro de la série SAS, qui vient d’atterrir à Amman et ne connaît donc pas encore tous les contours de sa nouvelle mission. Continuer la lecture